Projet décisionnel : pour qui ? Pour quoi ? Comment ?
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Projet décisionnel :
pour qui ? Pour quoi ? Comment ?

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Nombre d’entreprises sont désormais convaincues de l’utilité d’une solution de Business Intelligence. Toutefois, les questions sont innombrables avant de se lancer dans un tel projet. Retour sur investissement (ROI), périmètre, outils… décryptage avec Jean David Lo Fan Hin, Directeur Technique et Innovation chez Twin Solutions de tout ce qu’il faut savoir avant de se lancer dans le grand bain du décisionnel.

 

Le marché de la Business Intelligence (BI) poursuit sa course folle avec une croissance de 5,2 % en 2016, selon les estimations du cabinet Gartner. À tel point que ses analystes prévoient, dans leurs fameux Magic Quadrants, que d’ici 2018, la grande majorité des entreprises auront déployé une solution de BI. Plus besoin de convaincre. Mais comment se lancer dans un projet décisionnel ?

 

Toutes les entreprises doivent-elles se lancer dans un projet décisionnel ?

« Dans les faits, toutes les entreprises font déjà du décisionnel. Cela passe par des tableaux Excel complexes, des données à récolter dans tous les services, etc. Chronophages et sources d’erreurs, ces méthodes sont aujourd’hui dépassées », estime Jean David Lo Fan Hin, Directeur Technique et Innovation chez Twin Solutions. Par conséquent, toutes les sociétés sont concernées : de la TPE à la multinationale. « Le décisionnel sert à mesurer l’efficacité de la stratégie mise en place, pour l’adapter sur la base de données factuelles, contextualisées et chiffrées. Dès lors, il convient à toutes les tailles d’entreprises, quel que soit leur secteur », poursuit l’expert.

 

Quel type de projets pour quels besoins ?

On pourrait classer les projets BI en deux grandes familles. En premier lieu viennent les projets nouveaux pour les entreprises n’ayant aucun outil décisionnel. Ces premiers projets visent à donner une vision claire, fine et partagée des indicateurs clés de la société. En second lieu, les entreprises qui sont déjà dotées d’outils décisionnels – et donc de données standardisées – souhaitent aller plus loin dans la BI : leurs projets visent alors à relier des informations avec des données exogènes, anticiper des tendances, donner de l’intelligence aux données, ce qui fait le réel capital de l’entreprise.

Gare aux outils que l’on pense « gratuits » et qui peuvent être tentants pour une TPE. « Ces outils se focalisent sur un besoin unique à un instant T. Par conséquent, dès qu’une nouvelle demande apparaît, dès lors que l’on souhaite faire évoluer l’outil ou dès que l’on veut intégrer un nouveau périmètre, cela peut se transformer en casse-tête. C’est la raison pour laquelle mieux vaut se tourner vers des suites logicielles complètes », préconise l’expert.

 

Sur quels critères choisir sa solution de Business Intelligence ?

Mais comment sélectionner le bon outil de BI ? Plusieurs critères doivent être pris en compte dans ce choix. Quelles sont les compétences disponibles en interne ? Quelles seront les besoins auxquels va devoir répondre l’outil à moyen et long terme ? Quels sont les logiciels actuellement utilisés ? « Souplesse, ergonomie, couverture fonctionnelle… De nombreux critères sont à considérer dans le choix de son outil BI. Toutefois, il en est un qui demeure primordial selon moi : l’évolutivité de la solution. Les besoins décisionnels évoluent en permanence. Dès lors, la solution choisie doit être en mesure de s’adapter pour prendre en compte de nouvelles attentes au fil des mois et des années », analyse Jean David Lo Fan Hin.

 

La solution choisie doit être en mesure de s’adapter pour prendre en compte de nouvelles attentes au fil des mois et des années.

Jean David Lo Fan Hin

 

Sur quel périmètre développer son outil décisionnel ?

« Think big but start small. » L’adage vaut aussi pour les projets décisionnels. Pour la mise en place d’un outil BI, il faut, dès le début, imaginer toutes les possibilités de la solution et toute sa couverture à l’échelle de l’entreprise, sur le long terme. La préconisation est de commencer petit avec un projet au périmètre d’abord limité, à un service par exemple, ou à un seul domaine (ventes, marketing, RH…).

Pour les entreprises disposant déjà d’outils BI en revanche, le projet consistera à étendre le périmètre d’analyse au-delà des données internes. Réseaux sociaux, Insee, partenaires économiques… De nombreuses sources externes peuvent venir compléter les outils décisionnels pour anticiper, analyser les tendances et aller jusqu’à de l’analyse prédictive (mettant en jeu des algorithmes statistiques de Data Scientists). « Cela permet d’entrer dans ce qu’on appelle la BI “event centric”, dans laquelle c’est la donnée qui vient à l’utilisateur en fonction des événements. Dans cette nouvelle ère de la BI, ce n’est plus à l’utilisateur d’aller fouiller dans les mines d’informations. Celles-ci émergent d’elles-mêmes. Ce changement d’approche requiert une vision à 360 degrés des données, pour que les outils puissent identifier clairement les événements à analyser (rupture de stock, baisse d’un chiffre d’affaires, etc.) et surtout faire des préconisations. Dans ce contexte, l’approche en silos doit être bannie », prévient l’expert.

 

PROJET DE BUSINESS INTELLIGENCE : MODE D’EMPLOI